Dessins et collages

Les dessins et collages constituent la part principale de l’oeuvre de Marcel Miracle, produits le plus souvent selon des séries plus ou moins thématiques, L’artiste y affronte la page comme espace de création. Cette prise de possession s’organise parfois librement, parfois par des partis pris graphiques, qui confèrent leur unité à la plupart des séries. Outre des feuilles vierges, d’autres supports sont mis à contribution, stimulant l’inspiration de l’artiste: enveloppes et sachets, rebus d’imprimerie, etc.

Conseil : Pour visualiser une série au plein format, cliquer simplement sur une image.

L’énigme du déploiement

2021

Une tétralogie en devenir

Retour au pur dessin, sans couleurs ni collages : Miracle développe une de ses séries les plus ambitieuses par son montage symbolique. Selon un couplage texte / dessin, il fonde une exploration graphiques des quatre romans-mémoires de Cendrars, tout en obéissant à l’ordonnancement des figures à quatre registres de la géomantique malgache. Comme il le dit lui-même, seuls des fins lecteurs de Cendrars pourront faire des liens, mais tout décoder n’est pas nécessaire ! Miracle commente ainsi la première planche présentée : On peut dire que les dessins sont un tremplin : prenons l’exemple, au hasard, du texte « Folie». La constellation de dessins montre un artiste et son fouet. C’est Gustave Lerouge et sa femme balafrée. Lerouge était un as du fouet et vivait avec une femme présentant un lupus, leur relation frisant la folie. Au troisième niveau on voit des herbes folles : c’est à Gênes, dans une villa abandonnée aux herbes folles … On a donc ici la folie psychiatrique, la folie des herbes folles et la folie d’une maison d’où ce questionnement : qu’est-ce qu’une folie dans les herbes folles ? Sous-entendu : est-ce le sexe, puisque dans ce passage de Gênes le petit Blaise découvre la sexualité ?.

Récits de la ville d’Hur

2021

Comme on le sait, le plan de la ville d’Hur est une carte-mère. Miracle a entrepris de l’explorer systématiquement selon une grille de coordonnées. Il est résulté en 2019 une centaine de textes référencés sur la carte, complétés en 2021 par un texte de présentation et des collages liés à chacun des textes initiaux. Bonne visite ! Courtesy Galerie Magnin-A, Paris.

SIGNES SEFARIENS

2020

Renvoyant aux origines néolithiques de l’art africain, de Wadi Halfa, au bord du Nil, aux peintures rupestres de Sefar, dans le Tassili algérien, Miracle nous propose 13 dessins et collages transfigurant des planches arrachées à divers manuels techniques.

L’horizon absolu

2020

Une collection de 9 classeurs cartonnés contenant chacun 16 dessins et collages. Chaque planche est crée à partir d’une copie de lettre et d’un fragment arraché à un livre auxquels s’ajoutent un bref texte et un dessin/collage. L’œuvre se réfère à trois registres : Lecture du monde : glissement de l’apparence vers l’apparition. Texture du monde : déploiement de l’être et de la forme. Ecriture du monde : fragment abandonné. 

Rumbling, rambling blues

2018

En 1958, Jack Kerouac fit paraître dans la revue Playboy une nouvelle étonnante sous l’enseigne de cette phrase : « The singer roamed an endless road and sang an endless song ». Miracle s’est emparé de ce texte et l’a littéralement désossée, selon sa méthode habituelle, dans un cahier d’étude d’une quinzaine de pages. Il en est résulté une série de sept dessins monochromes au format 30 X 40 cm. qui traduisent dans son langage toute l’atmosphère de la nouvelle de Kerouac. Courtesy Galerie Magnin-A.

Les êtres de grande présence

2019

Série d’une quinzaine de collages et dessins, exposée notamment au salon AKAA, Paris 2019

« Rien n’existe qui ne doive son existence au regard. A chaque organisation sensorielle différente, un regard différent.  Pour l’être humain le problème est plus sérieux puisque l’évolution culturelle a pris le pas sur l’évolution biologique. L’oeil, ici, est l’oeil du cyclone : c’est le regard du fabulator nocturne, qui s’accroupit et devise sur le monde. On trouve, dans les gravures anciennes des voyageurs, un constat du monde axé sur l’apparence étrange des êtres rencontrés : hommes et femmes de grande présence tous signés, siglés de scarifications, de coiffures mirifiques et de regards perdus, profonds. Ce regard là, personne ne peut le rendre. J’ai essayé de reprendre ces gravures anciennes pour dire ce qu’il y avait en elles : la fascination du monde invisible. » MM

Leiris Journal 1923-1924

2017

Série de six collages format 30×40 cm. Le titre se réfère au journal de la période de jeunesse de Leiris, celle de sa découverte du surréalisme et de l’avant-garde des années folles. Les planches font appel à de complexes agencements de calques, rendant hommage à la future méthode d’approche de Leiris, par juxtapositions et collages

ZACHARIE

2016

Cette série de onze planches au format 30X40 cm. s’inspire d’une œuvre inachevée de Jean Giono, Dragoon. C’est un engin de chantier que Zacharie fait venir des USA pour permettre à un maçon italien de construire des routes en Provence. Miracle évoque l’opposition entre le monstre américain, bloqué dans le réseau des chemins, et son destinataire, qui capture des renards pour conjurer le sort. Cette série a été exposée au printemps 2021 à la galerie Fifty One à Anvers, dans le cadre de l’exposition « Essai de définition du monde », puis au début 2022 à la galerie Magnin-A pour l’exposition « Zoar ». Courtesy Galerie Magnin-A, Paris.

Breton Amour fou

2016

Hommage à André Breton, cette double série de dessins et collages constitue l’une des portes de communication entre le surréalisme et l’œuvre de Marcel Miracle. C’est en effet dans la trilogie dont « Amour fou » est le troisième volet que Breton développe le concept de « hasard objectif », par ailleurs titre d’une œuvre pas très éloignée des montages de Miracle. « Véritable précipité du désir (…), le hasard objectif serait la forme de manifestation de la nécessité extérieure qui se fraie un chemin dans l’inconscient humain. » Voilà bien ce qui caractérise le travail de collage de Miracle à partir des déchets urbains, récoltés tout par hasard …

XIVertiges

2016

Ensemble de 4 dessins et collages évoquant le texte de G. W Sebald « Il ritorno in patria », dernier chapitre de « Vertiges » (« Schwindel, Gefühle », 1990).

La série a été exposée à Evora en 2018, puis dans l’exposition d’ouverture de la galerie Magnin-A.

R.A.T.S. Ring around the sun

2016

Série de huit dessins et collages évoquant le roman de science-fiction de Clifford D. Simak « Ring around the sun » (1952). Miracle s’attache particulièrement au thème de la toupie multicolore faisant passer d’un monde à un autre, apparenté au thème du tourbillon récurrent dans son oeuvre.

Série exposée en 2018 à l’ouverture de la Galerie Magnin-A 

Cinéma Ritz Tamatave

2015

Retour aux sources de Madagascar, dans un cinéma des années 30, pour lequel Miracle invente 26 affiches de film fictives, format 30 X 40 cm, assorties chacune d’un bref argument. L’expérience se décrit comme « Lieu expérimental – Parking des choses – Musée insignifiant – Mise en avant des riens – Labyrinthes – Ecritures non signifiantes et disciplines indiciaires » et se conclut par « Ecrire à l’ouvreur ». L’ensemble de la série a été présenté à la galerie LIGNE treize (Carouge) en novembre 2017.

Images sébaldiennes

2015

Ensemble de 15 planches en noir-blanc alternant dessins et textes poétiques, format 30×40 cm. Comme dans la série de 2016, Miracle y évoque le chapitre « Il ritorno in patria » extrait de « Vertiges » de G. W. Sebald (1990)

Blackstream

2015

Miracle imagine 44 romans sous diverses collections, allant du policier à la science-fiction et constellés d’allusion à ses références littéraires.  Voici ce qu’il en dit. « Le Fleuve noir » : encore un mythe ! Remettre des mythes dans le mythe : Blackstream devient une enyclopédie où vous ne trouverez que la couverture et la 4e de couverture

Encyclopédie Grégoire Simpson

2015

Fasciné par l’écrivain Georges PEREC, ils ont en commun le goût des histoires, des espaces flottants et surtout l’observation du spectacle du quotidien. Sa rencontre avec « La Vie mode d’emploi » de Georges Perec a été décisive, en particulier celle du chapitre 52 de ce livre. On y lit que Grégoire Simpson (le personnage) s’essaya au porte-à-porte, proposant dans les étages des «livres d’art» ou d’horribles encyclopédies…

Aussi est venue l’idée de créer cette Encyclopédie Grégoire Simpson. Marcel Miracle a alors référencé et illustré chaque nom ou expressions du chapitre, y associant à chaque fois une page d’encyclopédie contemporaine de « La Vie mode d’emploi ». Au total, 582 planches sont nées de ce jeu entre l’écriture, les objets, les images et les indices. C’est un ensemble exceptionnel qui plonge le regardeur dans une traversée inépuisable et qui place une fois de plus Georges Perec et Marcel Miracle en miroir. Voir le commentaire original de Miracle.

L’Encyclopédie Grégoire Simpson comporte 582 oeuvres originales, dessins et collages sur carton gris, format 15×21 cm. Elle a été réalisée entre 2013 et 2015.
Ces planches ont été réparties en 21 coffrets de 26 dessins (13 mots illustrés et 13 planches d’encyclopédie revisitée) et 1 coffret de 36 dessins. L’ensemble a été présenté en novembre 2015 à la Galerie LIGNE treize, Carouge.

Les misérables affaires

2014

Dans cette série de huit dessins et collages de grand format, Marcel Miracle évoque l’inventaire de la chambre dans le récit « Un homme qui dort » de Georges Pérec (1967). On retrouve cette histoire dans le chapitre 52 de « La vie mode d’emploi » (1978), où Pérec reprend l’inventaire de la chambre quittée par son occupant Grégoire Simpson.

Cendrars

2014

Série de 24 dessins et collages sur enveloppes de grand format. Marcel Miracle lit Cendrars depuis l’âge de 14 ans. Pour cette série, il a travaillé à partir d’éléments biographiques de Cendrars et des textes comme « Bourlinguer », « L’eubage », « Partir ».  Il a extrait de ces écrits des images et des mots qu’il a associés à son propre répertoire. Il en résulte un monde de couleurs, de formes et de références cachées.

Cendrars et Miracle : deux labyrinthes se superposent, offrant une lecture inépuisable.

La nuit du sphynx

2012

Nous voici convié au sabbat des sphynx tête-de-mort entre le buisson ardent et la tour de Ksar Ghilane où ils viennent mourir, attirés par la lumière. Miracle l’exprime dans une série de neuf dessins au format 30 X 40 cm., son unique œuvre au contenu érotique. Perçant la nuit du désert, une fenêtre illuminée se déplace au gré des dessins … Courtesy Galerie Magnin-A.

Aphorismes

2012

Série de 174 dessins en noir blanc, format 30×40 cm.

Evoquant un séjour entre Djerba et le Djerid, Miracle associe icônes graphiques et textes minimalistes en forme de haïkus.

Un homme qui dort

2011

Avec « un homme qui dort », Miracle va rejoindre le territoire de l’absence. Ce texte, publié en 1967, est le récit d’un homme qui se retire du monde, car celui-ci ne lui parle plus. C’est un roman sans dénouement qui reprend les thématiques de la réclusion dans la chambre, l’errance somnambulique dans la ville indifférente, l’anesthésie du désir … Pour parvenir à l’exercice de cette « vie suspendue », Miracle dévoile un ensemble de 33 planches (30+3), de formats et de structures identiques jouant ainsi de l’effet de saturation et de répétition du texte. Le puzzle, cher à Perec, introduit les indices graphiques : accumulation d’objets, de silhouettes et de collages déchirés de bandes dessinées. Miracle crée ainsi des espaces noir et blanc comme le jour et la nuit, des espaces dérisoires pour échapper à tout ce qui fait sens. Cet ensemble plonge le regardeur dans une traversée immobile et place Georges Perec et Marcel Miracle en miroir. La série complète a été exposée à la galerie LIGNE treize en 2012.

Street

2011

« Une chambre vide où j’entre seul en criant, une épée à la main » Stanislas Rodanski

Série de 30 dessins et collages, format 30×40 cm. En hommage au poète, Miracle multiplie les variations rivées à l’angle d’une pièce jusqu’au point d’en remettre en cause le dispositif. On retrouve cette organisation de l’espace dans de nombreuses œuvres, comme dans « Visions de Thamühl ».

Mon encyclopédie

2010

Les couvertures non utilisées du livre « Visions de Thamühl » fournissent le support de 32 planches au format 50X35 cm. La contrainte de mise en page provoque ainsi 30 visions où l’on retrouve un véritable récital du langage formel de Miracle. S’y ajoutent deux planches d’index, le tout réuni dans un cartable de carton gris.

Visions des grandes criques

2010

Les grandes criques sont des formations géologiques situées au bord du grand désert, à l’ouest de l’oasis de Ksar Ghilane. S’y étant souvent retiré pour observer la nature, Miracle a traduit les impressions suscitées dans son imaginaire par une série de 32 planches au format 30 X 40 cm, où se combinent des dessins et de nombreux textes évocateurs. Les 16 textes principaux  peuvent être lus ici. Courtesy Galerie Magnin-A, Paris

Petit manuel de minéralogie prophétique

2009

Série de 39 dessins et collages sur papier kraft, format 50×70 cm.

Projetée à l’origine comme une bande dessinée, cette série a été complétée en 2010 par un ensemble de textes et de poèmes pour être éditée par Art&Fiction avec le sous-titre « Une aventure de Marcel Miracle au Sahara », Les planches, comme le livre, s’organisent en sept chapitres d’un véritable parcours initiatique.

Trois tirets plus point

2009

Derrière ce titre énigmatique qui n’en est pas un se cache un hommage de Miracle à Joseph Beuys et plus particulièrement à sa célèbre performance de 1965 « Comment expliquer les tableaux à un liévre mort ». C’est une série de 14 dessins oblongs de 30 X 40 cm., développée selon un double registre aux couleurs élémentaires, les deux panneaux comportant divers renvois de l’un à l’autre. Courtesy Galerie Magnin-A, Paris

Fissures 1969

2009

« Sans doute il ne s’en faut que d’un fil, mais un rien, ce n’est pas rien » Michel Leiris

Série de trois planches format 30×40 cm encadrées par des extraits des trois premiers poèmes du recueil « Fissures » de Leiris. C’est aussi un hommage formel à certaines œuvres de Frédéric Brulé Bouabré. Ces planches ont focalisé l’attention à l’exposition Leiris & Co du Centre Pompidou Metz en 2015.

En vue d’Adoïan

2007

Cette série de 28 planches au format 30 X 40 cm. est dédiée au peintre arménien Arshile Gorky (1904-1948), dont le prénom originel était Adoïan. S’inspirant de l’un de ses tableaux abstraits, Miracle a décliné ces visions, qui illuminent par leur graphisme délicat la destinée particulièrement tragique de Gorky, mort exilé aux Etats-Unis. Courtesy Galerie Magnin-A

Fabulator d’Aroupane

2007

Exceptionnelles par leur densité, ces cinq planches au format 30 X 40 cm. sont issues de deux voyages de Miracle au Rajasthan. Chaque planche comporte douze vignettes, dont l’ensemble forme un roman sans paroles, témoignant du foisonnement des situations et des impressions vécues en Inde, sur fond de musique carnitique. Courtesy Galerie Magnin-A, Paris

 

Le village

2006

Cette série énigmatique de 13 planches au format 30 X 40 cm. est très librement inspirée par la film fantastique « Le village » de Night Shamalan (2004). Sur un parti de mise en page très fort, le carré rouge, Miracle développe une dramaturgie tenant du rébus, où l’on retrouve son bestiaire de prédilection, poissons et oiseaux, menacés (?) par les hommes à échasses qui peuplent les forêts voisines. Courtesy Galerie Magnin-A, Paris

Miroirs

2005

A travers 11 dessins de petit format, 16X25 cm., Miracle déploie un univers très coloré et hautement symbolique. La mise en page est identique, encadrée à chaque fois par quatre mots-clés. Chacun de ces véritables romans peut être vu deux fois, puisque les images se retournent à 180 degrés. La série a été montrée en 2006 à l’exposition « Bruits et débris » que la galerie Agnès B a consacrée entièrement à Marcel Miracle. 

L’échiquier d’Air India

2005

Cette série d’une soixantaine de planches au format 30 X 40 cm. est née d’un travail d’exploration thématique réalisé sur un agenda de la compagnie Air India. Elle peut être considérée comme la tentative d’épuisement d’une mise en page dont la contrainte suscite l’imagination symbolique et graphique. Le cahier d’origine est présenté sous l’onglet Unica des Oeuvres.

VISIONS DE THAMUHL

2002

Cette série trouve son origine dans un texte des derniers cahiers de Kafka, qui raconte l’histoire d’un petit animal perturbant l’activité de la synagogue de Thamühl . Il a suffi de ce pré-texte pour que Miracle développe une fantasmagorie de 110 dessins de petit format disposés par dizaine dans 11 planches de 70 x 100 cm. Cet exceptionnel foisonnement d’images comporte un thème récurrent, celui du fabulateur assis dans l’angle du décor. En 2008, la série accompagnée d’un ensemble de textes et de poèmes a fait l’objet d’un livre éponyme paru aux éditions Art&Fiction.

 

Essai de définition du monde

2000

Durant trois années au tournant du siècle, Miracle fait ses gammes graphiques sur près de 300 billets de petit format, soit 21 X 15 cm. On y trouve déjà une grande partie des thèmes qu’il développera dans toute son œuvre. La série a fait l’objet en 2001 d’une exposition au Chai du Terral. En témoigne une modeste plaquette où l’on trouve une fameuse lettre de Michel Thévoz invitant à la reconnaissance de Miracle comme artiste totalement original.

Marcel Miracle